Introduction Nous devons
d\’abord nous replonger dans cette époque, au tournant du XIXe et du XXe siècle, à une période où le cours de notre civilisation change radicalement et où, entre autres, une nouvelle superpuissance fait son apparition sur la scène mondiale : les États-Unis d\’Amérique. Avec leur économie en pleine expansion et leurs centaines d’hectares de terres disponibles, ils constituent véritablement le « Nouveau Monde », dont profitent tant les Européens riches que les pauvres. Les riches font activement du commerce avec les Américains et les pauvres tentent d’y construire une nouvelle vie pour eux-mêmes et leurs familles. Pour ces deux groupes, ainsi que pour tous ceux qui ont besoin de voyager entre l’Europe et l’Amérique, il n’y a qu’une seule option au début du XXe siècle : la traversée de l’océan en bateau.loděnice v Belfastu
Les navires connaissent ainsi une évolution rapide : des voiliers et des bateaux à aubes, on passe en un clin d’œil aux paquebots transatlantiques pouvant accueillir des centaines de passagers. Des « compagnies maritimes » voient le jour, possédant leurs propres flottes et cherchant à gagner en prestige, et donc en passagers. Pour renforcer la compétitivité, il existe le « Ruban bleu » – une récompense décernée au navire qui traverse le plus rapidement l’Atlantique, de l’Europe vers les États-Unis ou inversement. Les
principales compagnies maritimes se trouvent bien sûr en Grande-Bretagne, qui a besoin d’une flotte pour assurer le fonctionnement de son empire, et c’est précisément là, en Grande-Bretagne, que commence cette histoire.
 
L\’idée
de ce Blue Riband est détenue depuis 1907 par la compagnie Cunard Line grâce à ses paquebots Lusitania et Mauretania, qui sont également les plus grands navires du monde (pouvant accueillir environ 2 000 passagers), mais ils ont un défaut : la vitesse se fait au détriment du confort. Sous le pont, le bruit des puissantes machines à vapeur est assourdissant et les passagers des cabines bon marché de 3e classe doivent supporter des vibrations constantes.
C\’est précisément ce dont va tirer parti Lord W.J. Pirrie (1847-1924), propriétaire des chantiers navals Harland & Wolf à Belfast. Cette entreprise collabore depuis des années avec la compagnie maritime White Star Line, qui traverse actuellement une légère crise en raison du triomphe de la Cunard Line.
Le directeur de la White Star, J.B. Ismay (1862-1937), fut invité à dîner chez Pirrie à l\’automne 1907, et c\’est là que tout commença : lord Pirrie proposa à Ismay de lui construire, pour une certaine somme, les trois plus grands navires de l\’histoire. Ils ne seront pas aussi rapides que les navires de la Cunard Line, mais ils les surpasseront par leur luxe et leur noblesse anglaise de « l’ère édouardienne » (c’est-à-dire l’ère de l’Empire britannique du début du XXe siècle, nommée d’après le roi Édouard VII). Leur caractère exceptionnel sera souligné par des noms tirés de la mythologie antique : Olympic, Gigantic et Titanic.
Leur longueur a été fixée à environ 269 m, leur poids à environ 45 000 tonnes et leur vitesse maximale, qu’ils atteindront grâce à leurs trois hélices, sera d’environ 24 à 25 nœuds (soit 44 à 46 km/h). Le nombre maximal de passagers visé est de 3 000. Ismay a donné son accord, le grand ingénieur de l\’époque, T. Andrews (1873-1912), a été choisi comme architecte en chef et les travaux ont pu commencer.

  jednoduchá kresba Titanicu

 
 La construction de l\’Olympic débuta
le 16 décembre 1908 dans les chantiers navals de Belfast, tandis que celle du Titanic commença le 31 mars de l\’année suivante. Le Gigantic vint s’ajouter à ce trio de « navires jumeaux » le 30 novembre 1911.
Ils devaient marquer le début d’une nouvelle ère dans les traversées transatlantiques et faisaient déjà la fierté de la Grande-Bretagne dès leur construction ; c’est précisément à ce moment-là que nous quittons avec respect leurs histoires grandioses…